ÉCHIQUIER MARSEILLAIS 1872

Nationale IV, ronde 1 samedi 20 octobre 2007  

PROMENADE À BOLLÈNE

 M

erci à Christian Gaillard de nous offrir l’occasion de rappeler ici quelques principes de base. Les Échecs ne sont qu’un jeu, certes. Mais lorsque l’on est engagé au sein d’une équipe à défendre les couleurs de son club dans une compétition nationale, cela requiert un minimum de sérieux et de rigueur envers soi-même, envers ses coéquipiers et amis et envers un capitaine d’équipe dont le souci constant est de pouvoir s’appuyer sur des compétiteurs fiables et ponctuels. Bref, Christian Gaillard, joueur de talent mais d’assiduité incertaine, et par ailleurs coutumier du fait, était absent pour des raisons obscures...

    Ce n’est donc pas grâce à lui que notre équipe triompha par 5 à 0 mais, en partie grâce à Loïc Albe, appelé en renfort au pied levé, qui consentit à venir s’asseoir sur la chaise de Christian Gaillard et coiffer avec mérite sa couronne de lauriers ! Il crucifia son adversaire par une attaque foudroyante, de sorte que l’on ne regrettât rien !...

    L’absence définitive de Guy Rouverol dans cette même équipe, ô combien affligeante, pouvait-elle être compensée ? Dans nos cœurs, sûrement pas. Dans l’équipe, quant aux résultats, il s’avéra que oui : les nouveaux venus furent dignes de toute notre considération. Jean-Jacques Thiers fit partie nulle au cinquième échiquier, ce qui est tout à fait honorable. Et Vincent Foucaut, au quatrième, fit ployer son adversaire par une savante manœuvre, victoire qui nous laisse augurer un bel avenir avec ce joueur.

  
                 Roger Audiffren, sous sa casquette...

 Roger Audiffren, poutre maîtresse de l’édifice, venu avec Madame à l’heure du café, nous gratifia de sa victoire habituelle, et nous confirma s’il en était besoin que l’on peut toujours compter positivement sur lui.

 David Plane au sixième fauteuil gagna aussi, ce qui redore son blason et fait renaître la confiance que l’on avait mise en lui.

   Les deux Jean-Louis piliers de marbre, Rotsaert et Teychené, furent incités à la prudence en proposant la partie nulle pour assurer le dernier point de la victoire. Le premier y consentit sans attendre ; le second, plus réticent à cause de l’Élo précieux, finit par s’y résoudre.

    
       Vincent Foucaut le regard qui en dit long...

   

 Tout le monde rit lorsqu’il demanda à son adversaire son Élo Fide : car pour ce dernier, c’était du chinois !

 
                         
Jean-Jacques  médite...

      Quant au capitaine Pierre Andonian, modestement installé au huitième strapontin, il saisit à bras ouverts la Dame offerte par son adversaire, trop heureux d’honorer ainsi ses sentiments passionnés pour la gente féminine !

 
                           Les deux Jean-Louis...

 Les photos sont de circonstance :

 Roger Audiffren sous sa casquette, et sous le regard attendri de son épouse, affiche sa sérénité.

 Jean-Jacques Thiers, bras croisés, médite en attendant calmement son adversaire, tandis que David Plane semble affûter son crayon et ses armes ; Jean-Louis Rotsaert, ceint d’un ruban qui semble tricolore, anticipe par cet insigne de prestige les gloires à venir ; Teychené, fidèle à ses attitudes et à ses habitudes, le gobelet à la main pour humidifier sa gorge sèche, dissimule sous sa chevelure un soupçon de trac... !

Ce fut une belle journée !

Gloire à nous qui triomphâmes à Bollène et en revîmes joyeux et comblés ! Fassent les dieux échiquéens que notre joie demeure !

Certains diraient plus prosaïquement : « Pourvou qué ça dourre !... »

 

                                                                              Texte :     Robert Siberchicot
                                                              Photos :   Pierre Andonian